La rue
comme
page blanche.

Noir et Rouge sillonnent Paris. De chaque coin de rue émergent des dépôts d'encombrants. Des bric-à-brac où l’on peut récupérer une poignée de porte ou une chaise vintage. Parmi toutes ces traces de vie, les matelas et les sommiers. Ils portent la mémoire des rêves les plus fous, des histoires d'amour et de solitude. Ces pages blanches ont désormais des messages à nous transmettre. 

Sommiers
et matelas

Mis à part l'usage, il n'y a aucune différence entre le sommier déposé dans la rue et la toile vierge dans l'atelier du peintre. Ces deux objets sont constitués d'une toile tendue et agrafée sur un châssis en bois. Les matelas, une fois porteurs d’un message restent en place entre 3 minutes et 3 semaines, avant qu'ils ne soient emportés par les agents de la ville de Paris pour rejoindre le cimetière des encombrants.

 

Des mots
à partager

Depuis que les smartphones ont colonisés nos vies, des millions d'images sont capturées et partagées avec le reste du monde. Les aphorismes « postés » sur les matelas habillent l'espace urbain d'un acte de résistance. Dans un contexte de régression idéologique, cette contre-narration aux mots simples et au dessin enfantin offre au passant une accroche à son regard. Des mots à partager pour réfléchir, sourire ou passer son chemin.

Marins
et matelots

Le porte-conteneur est une image-clé de la mondialisation. Sur ces navires, les matelots sont des gamins indonésiens, indiens, philippins, pakistanais. Ils vivent une sorte d'esclavage contemporain. Mon petit marin transporte « toute la misère du monde ». Sa parole interroge le sens de son existence : « Qu'est-ce que je fous là ? À quoi ça rime ? ». Sommes-nous aussi ce petit matelot, simples rouages pris dans un système.